Dentiste : études, revenus et installation en cabinet

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Dentiste : études, revenus et installation en cabinet

Mis à jour le 13 septembre 2026, barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Devenir chirurgien-dentiste suppose un parcours universitaire long, encadré par un diplôme d’État obligatoire, avant de pouvoir soigner ses propres patients. Entre les années de fac, les premiers remplacements et le jour où l’on pose sa plaque, le chemin comporte des étapes précises, avec des règles à respecter à chaque palier. Voici comment se construit concrètement ce métier, des bancs de la faculté d’odontologie jusqu’au fauteuil du cabinet.

En bref : il faut compter au minimum six ans d’études après le bac pour obtenir le diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire, seul titre qui autorise l’exercice, et jusqu’à huit ou neuf ans pour se spécialiser via l’internat. Une fois diplômé, on peut exercer en libéral (conventionné ou non) ou en tant que salarié, et les premières expériences se font souvent par des remplacements encadrés par le Conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes.

Comment accéder aux études de chirurgie dentaire ?

L’accès aux études d’odontologie se fait depuis le bac, via deux voies proposées par les universités : le PASS (parcours d’accès spécifique santé) ou une L.AS (licence avec option accès santé). L’admission en 2e année dépend des résultats obtenus dans ce parcours, parfois complétés par des épreuves supplémentaires selon le nombre de places disponibles cette année-là.

La formation n’est proposée que dans 21 universités en France, ce qui limite mécaniquement le nombre d’étudiants admis chaque année. Une fois entré en odontologie, le programme mêle cours théoriques et travaux pratiques de simulation dès les premières années, pour développer la dextérité manuelle indispensable au métier.

Combien de temps durent les études de dentiste ?

Le cursus complet dure au minimum six ans après le bac, et jusqu’à huit ou neuf ans pour les étudiants qui poursuivent en spécialisation. Il se découpe en plusieurs cycles, chacun sanctionné par un diplôme intermédiaire avant d’aboutir au diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire.

Le premier cycle, en 2e et 3e années, pose les bases : anatomie de la dent, de la tête et du cou, pathologies infectieuses, reconstitution dentaire, mais aussi santé publique et imagerie médicale. Un stage infirmier de quatre semaines est imposé, et des stages d’observation en cabinet ou à l’hôpital sont possibles selon les universités. Le deuxième cycle, en 4e et 5e années, approfondit ces connaissances avec l’anesthésiologie ou l’odontologie légale, et la moitié du temps de formation se déroule désormais en stage, essentiellement dans les services d’odontologie des CHU partenaires.

Cycle Durée Diplôme obtenu
1er cycle 2e et 3e années DFGSO (niveau licence)
2e cycle 4e et 5e années DFASO (niveau master)
3e cycle court 1 an après la 5e année DE de docteur en chirurgie dentaire
Internat (cycle long) 3 à 4 ans après la 5e année DE + DES de la spécialité choisie

Faut-il choisir l’internat pour se spécialiser ?

Non, l’internat n’est pas obligatoire pour exercer. Plus de 90 % des étudiants suivent le cycle court, d’une durée d’un an après la 5e année, qui prépare directement à la pratique du métier : gestion d’une patientèle, approche globale du patient, notions de comptabilité, avec l’essentiel du temps passé en stage. Il faut valider les enseignements, les stages, puis soutenir une thèse d’exercice pour obtenir le diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire.

L’internat, ou cycle long, dure trois ou quatre ans après la 5e année et s’obtient sur concours, avec un nombre de places nettement plus restreint qu’en médecine. Il ouvre trois spécialités selon le rang de classement : l’orthopédie dento-faciale, plus connue sous le nom d’orthodontiste, études et installation en cabinet, en trois ans; la médecine bucco-dentaire, également en trois ans; et la chirurgie orale, en quatre ans, dont l’internat est commun avec les médecins. Cette voie mène à la fois au DE de docteur en chirurgie dentaire et à un DES, et s’adresse surtout à ceux qui visent l’enseignement, la recherche ou l’exercice hospitalier.

Comment remplacer un dentiste avant de s’installer ?

Le remplacement constitue la première expérience professionnelle de la plupart des jeunes chirurgiens-dentistes, avant même de songer à s’installer. Il n’est toutefois ouvert qu’à certains profils, et sous autorisation du Conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes.

Peuvent effectuer des remplacements les chirurgiens-dentistes diplômés déjà inscrits au tableau de l’Ordre, les étudiants français en chirurgie dentaire ayant validé leur cinquième année et obtenu leur certificat de synthèse clinique et thérapeutique, les internes dans la même situation, ainsi que les étudiants ressortissants d’un État membre de l’Union européenne ou de l’espace économique européen ayant validé le même niveau. Un ressortissant de l’EEE titulaire d’un diplôme de chirurgie dentaire obtenu dans un autre État de l’espace économique européen peut également exercer comme remplaçant, sous réserve de l’autorisation du Conseil de l’Ordre. À l’inverse, un chirurgien-dentiste à la retraite ne peut pas remplacer un confrère, pas plus qu’un dentiste-conseil de l’Assurance Maladie ou un praticien exerçant dans l’armée.

La durée légale d’un remplacement est fixée à trois mois, renouvelable. Pendant toute cette période, le titulaire remplacé doit cesser son activité libérale et ne peut pas, par exemple, continuer à exercer dans un cabinet secondaire.

Quelles démarches accomplir pour un remplacement en cabinet dentaire ?

La demande suit un circuit précis, qui passe d’abord par l’Ordre puis par l’Urssaf. Concrètement, il faut :

  • adresser une demande d’autorisation au Conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes du lieu de résidence, accompagnée du contrat de remplacement signé en trois exemplaires, d’un extrait de casier judiciaire (bulletin n°3) et du certificat de validation de la 5e ou 6e année;
  • si le remplaçant est étudiant sous statut hospitalier, joindre une lettre du directeur de l’hôpital autorisant un exercice privé;
  • pour un étudiant, attendre la transmission de la demande au préfet avec l’avis favorable de l’Ordre, en vue de l’obtention d’une licence de remplacement;
  • effectuer une déclaration obligatoire auprès de l’Urssaf dans les 8 jours suivant le premier remplacement, cet organisme assurant le recouvrement des cotisations.

Un remplaçant docteur en chirurgie dentaire, thésé et inscrit au tableau de l’Ordre, doit en plus s’affilier et cotiser à la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF). Sur le plan pratique, le remplaçant utilise les feuilles de soins du praticien remplacé, en barrant le nom du titulaire pour ajouter le sien avec la mention « remplaçant »; sa carte de professionnel en formation, délivrée par l’Ordre départemental, est lue sur le poste du praticien remplacé pour transmettre les feuilles de soins électroniques. Les actes et honoraires restent comptabilisés au nom du titulaire, qui effectue ensuite une rétrocession au remplaçant. Un point mérite d’être signalé : même si le praticien remplacé bénéficie du droit permanent au dépassement, le remplaçant n’en hérite jamais pendant la durée du remplacement. Côté protection sociale, le remplaçant relève du régime d’assurance maladie des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC), avec une affiliation à effectuer auprès de la caisse d’assurance maladie de son lieu de résidence, sur présentation de l’attestation de l’Ordre et de la fiche ADELI délivrée par la délégation territoriale de l’agence régionale de santé.

Dentiste libéral ou salarié : comment se forment les revenus ?

Les revenus d’un chirurgien-dentiste dépendent avant tout de son mode d’exercice et de son statut vis-à-vis de l’Assurance Maladie. Comme le rappelle la DGCCRF, les dentistes peuvent exercer à titre libéral, conventionnés ou non, ou en tant que salariés d’un centre de santé, d’une clinique ou d’un cabinet.

Un praticien conventionné applique en priorité les tarifs opposables fixés par la convention nationale pour les soins courants, ce qui limite les dépassements d’honoraires sur ces actes; les prothèses et certains actes techniques ouvrent en revanche plus largement la porte à des honoraires libres. Un praticien non conventionné fixe ses tarifs sans ce cadre, avec un remboursement de l’Assurance Maladie calculé sur une base réduite. Le revenu réel varie ensuite fortement selon le volume de patients reçus, la part d’actes techniques réalisés (prothèses, implantologie, orthodontie), la zone d’installation et le temps de travail effectif, ce qui rend toute moyenne unique peu représentative de la réalité du métier.

Quelles étapes pour s’installer en cabinet dentaire ?

L’installation suit logiquement l’obtention du diplôme d’État, éventuellement précédée d’une période de remplacement pour se constituer une première expérience et un premier réseau de patients. Avant d’ouvrir un cabinet, l’inscription au tableau de l’Ordre départemental des chirurgiens-dentistes du lieu d’exercice est un préalable obligatoire, tout comme les démarches d’affiliation auprès de la caisse d’assurance maladie et de la CARCDSF pour la retraite.

Le choix du statut juridique conditionne ensuite l’organisation du cabinet : exercice en nom propre, association avec des confrères, ou société d’exercice libéral pour mutualiser certains investissements. L’installation implique aussi de recruter une équipe, à commencer souvent par une assistante dentaire, formation et évolution de carrière, dont le rôle est central dans l’organisation quotidienne du cabinet. Le choix de la zone géographique influence directement le volume de patientèle disponible et la concurrence locale, deux éléments à évaluer avant de signer un bail ou d’investir dans du matériel, souvent le poste le plus lourd du démarrage.

Questions fréquentes

Un remplaçant peut-il exercer dans plusieurs cabinets en même temps ?

Les règles encadrent le remplacement d’un praticien précis pour une durée donnée, avec un contrat signé pour ce remplacement particulier; toute nouvelle mission suppose une nouvelle autorisation du Conseil de l’Ordre.

Que se passe-t-il si un remplacement dépasse trois mois ?

La durée légale de trois mois est renouvelable, ce qui permet de prolonger la mission au-delà de cette échéance sans changer de cadre, tant que le titulaire et le remplaçant restent d’accord et que l’autorisation est maintenue.

Un chirurgien-dentiste à la retraite peut-il malgré tout dépanner un confrère ?

Non, un chirurgien-dentiste à la retraite ne peut pas effectuer de remplacement, une exclusion qui vaut aussi pour les dentistes-conseils de l’Assurance Maladie et pour les praticiens exerçant dans l’armée.

La spécialisation par l’internat retarde-t-elle beaucoup l’installation ?

Oui, dans la mesure où l’internat ajoute trois à quatre ans après la 5e année en plus du tronc commun, contre une seule année pour le cycle court suivi par la grande majorité des étudiants avant de s’installer.

Sources

Sources consultées le 13 septembre 2026.

Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.

  1. Études d’odontologie : devenir dentiste après le bac | Onisep, www.onisep.fr/formation/les-principaux-domaines-de-formation/les-etudes-de-sante/les-etudes-d-odontologie-chirurgie-dentaire
  2. Remplacer et vous faire remplacer : les conditions et démarches | ameli.fr | Chirurgien-dentiste, www.ameli.fr/chirurgien-dentiste/exercice-liberal/vie-cabinet/remplacements
  3. www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/dentiste-soins-dentaires-comment-choisir-son-praticien-avec-soin

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