Orthodontiste : études, installation et rémunération
Mis à jour le 7 septembre 2026, barème et règles en vigueur à cette date
Sommaire
L’orthodontiste est un chirurgien-dentiste spécialisé dans la correction de l’alignement des dents et des mâchoires, chez l’enfant comme chez l’adulte. Derrière ce titre se cache un parcours d’études particulièrement long, une installation qui obéit à des étapes assez classiques, et une rémunération qui figure parmi les plus élevées de tout le secteur dentaire. Reste à savoir combien d’années ce parcours demande vraiment, comment on se lance en cabinet, et ce que gagne concrètement un praticien selon son ancienneté.
En bref : devenir orthodontiste suppose d’abord de valider le diplôme de chirurgien-dentiste, puis de suivre une spécialisation supplémentaire de plusieurs années, ce qui porte le parcours complet à près de neuf ans d’études après le baccalauréat. L’exercice se fait presque toujours en libéral, généralement après une période de collaboration salariée dans un cabinet déjà existant. Sur le plan financier, cette spécialité compte parmi les mieux rémunérées de la santé bucco-dentaire, avec des revenus qui progressent fortement entre les premières années d’exercice et l’installation confirmée.
Qu’est-ce qui distingue l’orthodontiste du dentiste généraliste ?
L’orthodontiste limite sa pratique à une seule discipline : le diagnostic et le traitement des malocclusions, c’est-à-dire les mauvais alignements des dents et des mâchoires. Il ne s’occupe ni des caries, ni des couronnes, ni des extractions, ni des traitements de canal, ces actes restent le domaine du dentiste généraliste ou d’autres spécialistes comme le parodontiste ou le chirurgien oral.
Un dentiste généraliste bien formé peut tout à fait prendre en charge certains cas simples ou interceptifs, notamment chez le jeune enfant. Mais dès que la malocclusion se complique, décalage important des mâchoires, dents incluses, besoin d’un appareillage lourd, il oriente naturellement son patient vers un orthodontiste. Ce dernier a suivi, en plus de son diplôme dentaire, une formation supplémentaire spécifiquement dédiée à l’orthopédie dento-faciale, qui lui permet de planifier des traitements sur plusieurs mois voire plusieurs années.
Combien d’années d’études faut-il pour devenir orthodontiste ?
En France, il faut d’abord obtenir le diplôme d’État de chirurgien-dentiste, un parcours qui dure six ans et qui s’ouvre après une première année de santé sélective de type PASS ou LAS. Vient ensuite une spécialisation supplémentaire en orthopédie dento-faciale, ce qui porte la durée totale du parcours à environ neuf années d’études après le baccalauréat.
Certains étudiants choisissent de suivre leurs études dentaires dans un autre pays de l’Union européenne, l’Espagne étant souvent citée, où le premier cycle dure cinq ans et s’obtient sans passer par la sélection du PASS/LAS. Grâce aux accords européens de reconnaissance mutuelle des diplômes, ce parcours permet ensuite de revenir en France ou de poursuivre la spécialisation sur place. Cette voie reste une alternative parmi d’autres, pas un raccourci universel : le contenu et la reconnaissance de la spécialisation varient selon l’établissement et le pays choisis.
Comment s’installer comme orthodontiste ?
La plupart des jeunes diplômés commencent par exercer comme collaborateurs, salariés ou en contrat de collaboration libérale, dans un cabinet déjà en place. Cette étape permet de se constituer une clientèle, d’apprendre la gestion d’un cabinet et de rembourser progressivement le matériel avant de s’installer à son propre compte.
Une fois installé, l’orthodontiste exerce presque toujours en profession libérale, avec ses propres cotisations sociales et une affiliation à la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF). Beaucoup choisissent aujourd’hui de regrouper plusieurs praticiens au sein d’un même centre plutôt que d’exercer seuls, ce qui permet de mutualiser le matériel d’imagerie et le personnel. Le cabinet emploie aussi le plus souvent une ou plusieurs assistantes dentaires, dont la formation et le rôle diffèrent nettement de ceux du praticien lui-même. Le choix de la zone d’installation pèse lourd : les métropoles concentrent davantage de patients potentiels, mais aussi davantage de concurrence, alors que certaines zones moins denses offrent une patientèle plus captive.
Combien gagne un orthodontiste selon son expérience ?
Les revenus d’un orthodontiste progressent nettement avec l’ancienneté, la constitution d’une patientèle fidèle jouant un rôle déterminant dans cette évolution. Un praticien qui débute comme collaborateur perçoit des revenus nets sensiblement plus modestes qu’un praticien installé depuis plusieurs années, la période la plus marquante se situant généralement entre la troisième et la septième année d’exercice.
| Situation professionnelle | Revenu net mensuel estimé |
|---|---|
| Collaborateur débutant (1 à 3 ans) | 6 000 à 10 000 € |
| Praticien installé (3 à 7 ans) | 14 000 à 20 000 € |
| Praticien confirmé (7 à 15 ans) | 20 000 à 28 000 € |
| Praticien très expérimenté (15 ans et plus) | 25 000 à 35 000 € |
Ces montants correspondent à des ordres de grandeur constatés sur le marché de l’orthodontie libérale, et non à un barème officiel : ils varient selon la région, la taille de la patientèle et le rythme de travail choisi par chaque praticien.
Pourquoi les revenus de l’orthodontie restent-ils aussi élevés ?
Un traitement orthodontique classique s’étend le plus souvent entre 18 et 36 mois, ce qui garantit au praticien une patientèle récurrente sur une longue durée plutôt qu’une succession de consultations ponctuelles. Les actes eux-mêmes sont valorisés : un appareillage multi-attaches se facture généralement entre 3 500 et 6 000 €, et un traitement par aligneurs transparents se situe plutôt entre 4 000 et 8 000 €, selon la complexité du cas et la technique employée.
Les charges d’un cabinet d’orthodontie, loyer, salaires du personnel, matériel, charges sociales, absorbent généralement plus de la moitié du chiffre d’affaires, laissant une marge nette de l’ordre de 35 à 45 %. Ce rapport reste plus favorable que dans certaines autres spécialités dentaires, notamment parce que le nombre de spécialistes qualifiés demeure restreint face à la demande, ce qui limite la pression concurrentielle sur les tarifs dans la plupart des zones.
Questions fréquentes
Un dentiste généraliste peut-il poser des bagues ?
Oui, pour des cas simples ou interceptifs, un dentiste généraliste formé peut réaliser certains traitements orthodontiques. Dès que la malocclusion se complique, il oriente son patient vers un orthodontiste.
Un orthodontiste ne suit-il que des enfants ?
Non, il traite aussi bien les enfants et les adolescents que les adultes, la demande de traitements orthodontiques chez l’adulte progressant sensiblement ces dernières années.
Combien de temps dure un traitement orthodontique ?
Un traitement classique s’étend le plus souvent entre 18 et 36 mois, la durée exacte dépendant de la complexité de la malocclusion et du type d’appareil retenu.
Le titre d’orthodontiste est-il protégé ?
Oui, il ne peut être utilisé que par un chirurgien-dentiste ayant validé une spécialisation reconnue en orthopédie dento-faciale, ce qui le distingue clairement du simple titre de dentiste généraliste.
Sources
Sources consultées le 7 septembre 2026.
Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.
- Orthodontiste ou dentiste ? | Bücco, www.orthodontisteenligne.com/orthodontiste-ou-dentiste/
- www.doctolib.fr/orthodontiste/paris
