Ergothérapeute : formation, salaire et lieux d’exercice
Florian Le Roux · 2 octobre 2026 · 7 min

Longtemps restée discrète parmi les métiers du paramédical, la profession d’ergothérapeute change de visage sous l’effet du vieillissement de la population et de la multiplication des troubles neurodéveloppementaux chez les enfants. Les postes se multiplient plus vite que les diplômés, et les écarts de rémunération entre un poste à l’hôpital, en Ehpad ou en libéral restent mal connus des candidats à la formation. Avant de s’engager dans les trois années d’études menant au diplôme d’État, mieux vaut savoir où ce métier conduit, et ce qu’il rapporte selon le terrain choisi.
Sommaire
Les points à retenir :
- Le salaire démarre à partir de 2 667 € brut par mois en début de carrière, et progresse avec l’ancienneté, le statut et le secteur d’exercice.
- La formation dure trois ans après le bac, dans un institut de formation en ergothérapie (IFE), et mène au diplôme d’État (DE), seul titre qui autorise l’exercice de la profession.
- 85 % des ergothérapeutes sont salariés (hôpital, clinique, médico-social, domicile) et 15 % exercent en libéral, un mode d’exercice en progression constante.
- Le marché est en forte tension, avec plus de 1 000 offres d’emploi disponibles et un objectif de former 15 000 ergothérapeutes supplémentaires d’ici 2030.
- Les évolutions de carrière passent par le poste de cadre de santé, une spécialisation (pédiatrie, gériatrie, ergonomie) ou de nouveaux débouchés hors du soin (industrie, assurance, urbanisme).
Trois ans d’études pour devenir ergothérapeute
Le diplôme d’État d’ergothérapeute se prépare en trois ans après le bac, dans un institut de formation en ergothérapie (IFE). Contrairement aux études de psychologue, qui ouvrent sur plusieurs parcours universitaires et une grande diversité de spécialités, la voie vers l’ergothérapie est unique et balisée dès l’entrée en formation : un seul diplôme, un seul référentiel, et une obligation de le détenir pour exercer.
L’admission se fait via Parcoursup, soit directement après le baccalauréat, soit après une première année de santé (PASS ou LAS). Le cursus associe enseignements théoriques et stages pratiques, et débouche sur un diplôme certifié par l’agence régionale de santé, couplé à une licence universitaire. Les frais de scolarité varient sensiblement selon que l’institut est public hospitalier, public universitaire, privé associatif ou privé lucratif, ce qui pèse dans le choix de l’établissement autant que sa localisation.
Quel salaire pour un ergothérapeute selon le secteur ?
Le salaire de départ s’établit à partir de 2 667 € brut par mois, un montant qui varie ensuite selon le lieu d’exercice et le statut, fonctionnaire ou salarié de droit privé. Pour un débutant de la fonction publique hospitalière, une fois déduites les cotisations salariales, qui tournent autour de 20 à 23 % dans ce secteur, le net avoisine 2 080 € par mois. Ce chiffre progresse avec l’ancienneté, l’accès à un grade supérieur ou la prise de responsabilités.
Dans le secteur privé, l’ergothérapeute salarié relève le plus souvent de la convention collective de l’hospitalisation privée, qui fixe des grilles et des coefficients propres aux professions paramédicales. En libéral, la logique change complètement : les soins d’ergothérapie ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie, mais certains dispositifs spécifiques financent des séances, comme le parcours d’intervention précoce destiné aux enfants autistes. Une fois la patientèle installée, les revenus nets mensuels peuvent dépasser 3 000 €, à condition d’absorber des charges conséquentes : local professionnel, cotisations sociales, assurance et matériel réduisent sensiblement ce qui reste réellement perçu, un peu comme pour l’installation d’un orthodontiste en libéral, où le revenu affiché masque un volume de charges important.
Hôpital, médico-social ou libéral : où exerce l’ergothérapeute ?
L’ergothérapeute intervient toujours sur prescription médicale, mais les cadres de travail diffèrent fortement. À l’hôpital, il ou elle exerce en neurologie, traumatologie, rhumatologie, psychiatrie ou pédiatrie, ainsi qu’en centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle, en centre de postcure, ou en service d’intervention à domicile rattaché à un établissement de soins.
Le secteur médico-social regroupe les foyers pour personnes en situation de handicap, les maisons de retraite et les résidences autonomie. S’y ajoutent des équipes d’accompagnement spécialisées, dédiées par exemple aux personnes âgées ou aux patients ayant subi un accident vasculaire cérébral. En libéral, l’ergothérapeute se déplace sur tous les lieux de vie de la personne accompagnée : domicile, lieu de travail, école, association sportive ou centre de formation. L’organisation du temps change aussi d’un cadre à l’autre : en établissement, l’amplitude horaire tourne généralement autour de 8h30-17h30 sur une base de 35 heures, alors qu’en libéral l’emploi du temps se densifie souvent en soirée, pour s’adapter aux disponibilités des patients. Le temps partiel reste possible dans la plupart des structures salariées.
Un marché de l’emploi sous tension pour ce métier
La profession compte environ 15 800 ergothérapeutes en France, très majoritairement des femmes, et ce nombre progresse de façon continue. Le vieillissement de la population, l’émergence de nouvelles pathologies chez les personnes âgées comme chez les enfants, et les enjeux liés aux troubles de l’apprentissage, à l’autisme ou à la maladie d’Alzheimer expliquent cette croissance des besoins.
Le tableau suivant rassemble les principaux repères chiffrés du secteur.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Ergothérapeutes recensés en France | environ 15 800 |
| Part de salariés (hôpital, clinique, médico-social, domicile) | 85 % |
| Part de libéraux | 15 % |
| Offres d’emploi disponibles sur le marché | plus de 1 000 |
| Nouveaux diplômés chaque année | environ 1 000 |
| Objectif de formation d’ici 2030 | 15 000 ergothérapeutes supplémentaires |
Ces chiffres traduisent une réalité simple : le nombre de professionnels formés chaque année ne suffit pas à couvrir les besoins, en particulier dans les établissements médico-sociaux où de nombreux postes ont été créés ces dernières années, notamment en Ehpad.
Quelles évolutions de carrière possibles ensuite ?
Au-delà de la pratique clinique, l’ergothérapeute peut encadrer une équipe de soins, de rééducation ou médico-sociale, ou occuper un poste de coordination. Une poursuite d’études permet d’accéder au grade de cadre de santé, voire de diriger un service ou un établissement entier. L’enseignement, la formation des futurs professionnels et la recherche constituent d’autres débouchés, portés par les instituts de formation eux-mêmes.
Des voies moins attendues émergent aussi. Certains ergothérapeutes interviennent dans la conception de produits industriels à usage domestique, l’urbanisme ou l’ergonomie des postes de travail en entreprise, pour prévenir les douleurs liées aux positions prolongées. Les compagnies d’assurances et les avocats font également appel à ces professionnels pour évaluer les préjudices subis par une personne après un accident, un champ d’expertise à part entière qui valorise l’expérience clinique acquise sur le terrain.
Questions fréquentes
Peut-on devenir ergothérapeute après une reconversion professionnelle ?
Oui, les instituts de formation en ergothérapie accueillent aussi bien des bacheliers que des personnes en reconversion professionnelle, chacun candidatant via Parcoursup selon des modalités propres à l’institut visé. Le cursus de trois ans reste identique quel que soit l’âge d’entrée en formation.
Les séances d’ergothérapie en libéral sont-elles remboursées ?
Non, les soins d’ergothérapie ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie en tant que tels. Certains dispositifs spécifiques financent toutefois des séances sur une durée limitée, comme le parcours d’intervention précoce pour les enfants autistes, financé pendant 12 à 18 mois.
Un ergothérapeute peut-il travailler à temps partiel ?
Oui, le temps partiel est possible en établissement hospitalier, en structure médico-sociale ou en service à domicile. Cette organisation convient notamment aux professionnels qui cumulent un poste salarié avec une activité libérale complémentaire.
Combien de temps durent les stages pendant la formation ?
Les étudiants effectuent 10 semaines de stage au total, réparties sur les trois années du cursus, dans des établissements de soins, des structures médico-sociales ou des cabinets libéraux. Ces périodes conditionnent souvent l’obtention d’un premier poste à la sortie du diplôme.
Peut-on exercer l’ergothérapie en outre-mer ?
Oui, le métier s’exerce aussi bien en France métropolitaine qu’en outre-mer, où les besoins en professionnels sont également importants. Un diplômé formé en métropole peut s’installer librement dans la région de son choix, y compris là où le manque de professionnels se fait le plus sentir.
Quelles spécialisations peut-on suivre après le diplôme d’État ?
Plusieurs voies existent après l’obtention du DE, notamment en pédiatrie, en gériatrie, en réadaptation fonctionnelle neurologique ou en ergonomie des postes de travail, via des diplômes universitaires complémentaires. Ces spécialisations élargissent le champ d’intervention sans remettre en cause le diplôme de base.
Sources
Sources consultées le 2 octobre 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- Ergothérapeute, un métier d’avenir et un rôle clé face à la perte d’autonomie, www.francetravail.fr/actualites/le-dossier/sante/sante-1/le-role-de-lergotherapeute-face.html
- www.onisep.fr/ressources/univers-metier/metiers/ergotherapeute
- www.onisep.fr/ressources/univers-formation/formations/post-bac/diplome-d-etat-d-ergotherapeute



