Financer sa reconversion en poste avec Transitions Pro

Financer sa formation

Financer sa reconversion en poste avec Transitions Pro

Mis à jour le 1 août 2026 — barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Financer une reconversion professionnelle en restant salarié, c’est possible grâce à plusieurs dispositifs qui prennent en charge formation, salaire et démarches administratives. Transitions Pro est l’acteur central de ce financement, mais depuis le 1er février 2026, le paysage a évolué avec l’entrée en vigueur d’un tout nouveau mécanisme qui modifie les règles du jeu.

En bref: Le Projet de Transition Professionnelle (PTP), géré par Transitions Pro, permet à un salarié de se former vers un nouveau métier tout en conservant entre 90 et 100 % de son salaire de référence. Depuis le 1er février 2026, un nouveau dispositif appelé « période de reconversion » est également entré en vigueur, venant remplacer la Pro-A et les Transitions Collectives (Transco). Ces deux voies peuvent se compléter selon la situation du salarié.

Qu’est-ce que Transitions Pro et à qui s’adresse-t-il ?

Transitions Pro est l’organisme paritaire qui gère, région par région, le financement du Projet de Transition Professionnelle (PTP). Concrètement, c’est lui qui instruit les dossiers, valide les projets et débloque les fonds pour permettre à un salarié de suivre une formation longue menant à une certification reconnue, sans quitter son contrat de travail.

Le PTP s’adresse aux salariés du secteur privé, CDI, CDD, intérimaires, qui souhaitent changer de métier en suivant une formation certifiante. La condition principale est une ancienneté minimale comme salarié (les modalités précises d’ancienneté requises varient selon le statut et doivent être vérifiées auprès de Transitions Pro régional). Le projet doit mener vers une qualification enregistrée au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) ou un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP).

La force du PTP, c’est que le salarié continue de percevoir une part significative de sa rémunération pendant toute la durée de la formation. Selon le revenu mensuel, Transitions Pro Auvergne Rhône-Alpes confirme que la prise en charge se situe entre 90 et 100 % du salaire moyen de référence. Ce taux décroît légèrement pour les rémunérations les plus élevées, mais la protection reste substantielle.

La période de reconversion: le nouveau dispositif entré en vigueur en 2026

Depuis le 1er février 2026, la loi du 24 octobre 2025 facilitant le recrutement des salariés expérimentés a créé un tout nouveau mécanisme: la « période de reconversion ». Ce dispositif remplace à la fois la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) et les transitions collectives (Transco).

Contrairement à la Pro-A, qui était réservée aux seuls salariés en CDI, la période de reconversion est ouverte à tous les salariés, quel que soit leur type de contrat. Aucun critère d’âge, de niveau de qualification ou d’expérience professionnelle n’est exigé. La reconversion peut être interne à l’entreprise (changer de poste ou de métier au sein du même employeur) ou externe (préparer une transition vers un autre secteur ou une autre entreprise).

Ce dispositif permet d’acquérir une qualification RNCP, un CQP de branche ou interbranche, ou encore un ou plusieurs blocs de compétences. C’est une voie plus souple que le PTP car elle peut s’adapter à des projets partiels ou progressifs, bloc par bloc, sans nécessairement viser une refonte complète du parcours professionnel.

Comment fonctionne le financement de la période de reconversion ?

La formation est financée par l’opérateur de compétences (Opco) dont relève l’entreprise. Le décret n° 2026-40 du 28 janvier 2026 précise les modalités chiffrées: à défaut d’un montant fixé par les branches professionnelles, le forfait horaire de prise en charge est de 9,15 € par heure, et le montant moyen de prise en charge est fixé à 5 000 €.

Ces montants peuvent être complétés. Si les frais pédagogiques dépassent la prise en charge de l’Opco, il est possible de mobiliser le Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié, mais uniquement avec son accord explicite, ce n’est pas automatique. Les branches professionnelles peuvent, par accord, fixer des montants différents du forfait national, potentiellement plus généreux selon les secteurs.

Côté démarches, c’est l’employeur qui prend l’initiative: il constitue le dossier et l’adresse à l’Opco dans les 30 jours calendaires précédant le début de la période de reconversion. En cas d’interruption du dispositif avant son terme, l’employeur dispose de 30 jours maximum pour en informer l’Opco. Un accord écrit entre l’employeur et le salarié détermine les modalités d’organisation.

PTP ou période de reconversion: quelle différence concrète ?

Les deux dispositifs ne s’opposent pas, ils répondent à des situations différentes. Le PTP est à l’initiative du salarié: c’est lui qui monte son dossier, dépose sa demande auprès de Transitions Pro régional, et attend la décision de prise en charge. La démarche est individuelle et le salarié peut choisir sa formation librement, sans que l’employeur soit à l’origine du projet.

La période de reconversion, elle, est déclenchée par l’employeur. C’est lui qui adresse le dossier à l’Opco, ce qui signifie que le salarié doit être informé par son entreprise que ce dispositif est mis en place et que son poste entre dans le périmètre. Ce schéma est particulièrement adapté aux restructurations, aux évolutions de métiers ou aux plans de transformation interne. La protection salariale, elle, suit les mêmes critères que le PTP: entre 90 et 100 % du salaire moyen de référence.

Sur la durée, le PTP peut financer des formations longues (plusieurs mois, voire plus d’un an), tandis que la période de reconversion peut être calibrée sur des blocs de compétences plus courts. En pratique, un salarié dont l’employeur n’initie pas de reconversion collective se tournera naturellement vers le PTP; celui dont l’entreprise engage une transformation peut bénéficier de la période de reconversion sans avoir à monter son dossier seul.

Les étapes pour monter un dossier PTP auprès de Transitions Pro

Avant tout, le projet de formation doit viser une certification reconnue, diplôme, titre professionnel RNCP ou CQP. Il ne s’agit pas de financer un simple stage ou une formation courte non certifiante. Une fois la formation ciblée, le salarié s’adresse à son antenne Transitions Pro régionale pour constituer son dossier.

Le dossier comprend généralement un descriptif du projet professionnel, le devis de l’organisme de formation, et les éléments justifiant la cohérence du parcours. Transitions Pro instruit la demande selon ses critères de financement et la pertinence du projet. Un refus est possible, notamment si le budget régional est insuffisant ou si le projet ne répond pas aux priorités de l’antenne. Dans ce cas, le salarié peut se retourner vers son CPF pour financer tout ou partie de la formation, ou solliciter un accompagnement par un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP), qui est gratuit et confidentiel.

Pendant la formation, le salarié bénéficie d’une autorisation d’absence accordée par l’employeur. Le contrat de travail est suspendu mais pas rompu. Transitions Pro verse directement la rémunération à l’employeur ou au salarié selon les modalités, et règle les frais pédagogiques à l’organisme de formation. À l’issue, le salarié retrouve son poste ou un poste équivalent si la reconversion est interne.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler le PTP avec le CPF ?

Oui, dans le cadre du PTP, si le coût de la formation dépasse le plafond pris en charge par Transitions Pro, le salarié peut mobiliser son CPF pour couvrir la différence, sous réserve de son accord. Ce cumul n’est pas automatique mais permet de financer des formations plus coûteuses.

La période de reconversion peut-elle être refusée par le salarié ?

La mobilisation du CPF dans le cadre de la période de reconversion requiert l’accord explicite du salarié. En revanche, le dispositif lui-même est mis en œuvre à l’initiative de l’employeur, qui en est le porteur auprès de l’Opco. Un salarié informé par son employeur doit néanmoins donner son accord pour que son CPF soit abondé.

Les contrats Pro-A signés avant 2026 sont-ils encore valides ?

Oui. Les contrats Pro-A signés avant 2026 restent valables et continuent de s’exécuter selon les règles qui leur étaient applicables au moment de leur signature. Seuls les nouveaux dispositifs démarrant à partir du 1er février 2026 relèvent de la période de reconversion.

Qui prend en charge le salaire pendant un PTP ?

C’est Transitions Pro qui finance la rémunération du salarié pendant la durée de la formation, à hauteur de 90 à 100 % du salaire moyen de référence selon le niveau de revenu. L’employeur maintient le salaire et est ensuite remboursé par Transitions Pro selon les modalités convenues.

Sources

Sources consultées le 1 août 2026.

Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.

  1. www.francecompetences.fr/fiche-ruf/le-projet-de-transition-professionnelle-3/

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