Notaire : salaire, études et accès à la profession

Métiers

Notaire : salaire, études et accès à la profession

Mis à jour le 1 août 2026 — barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Le notaire est un officier public ministériel nommé par le garde des Sceaux, chargé d’authentifier les actes juridiques les plus importants de la vie des particuliers et des entreprises. Contrat de mariage, acte de vente immobilière, succession, donation: chaque acte signé devant lui acquiert une force probante équivalente à celle de la loi.

En bref: Accéder à la profession exige au minimum 7 ans d’études, couronnées par le DESN (diplôme d’études supérieures de notariat). Un notaire salarié débutant perçoit à partir de 3 000 € brut par mois, selon l’Onisep. La profession compte près de 7 305 notaires en France, répartis dans 6 946 offices.

Qu’est-ce que le métier de notaire au quotidien ?

Le notaire authentifie des actes: en les datant et en les signant, il leur confère une valeur juridique qui s’impose aux parties avec la même force qu’une disposition législative. Il engage personnellement sa responsabilité sur le contenu et la date de chaque acte. Ce n’est pas un rôle passif de simple témoin, c’est une garantie absolue d’authenticité.

Son activité se déploie sur trois grands territoires. Le droit de la famille d’abord, contrats de mariage, adoption, successions, donations, où il est souvent le seul juriste que le grand public rencontre directement. L’immobilier ensuite: ventes d’appartements ou de maisons, baux commerciaux, cessions de fonds de commerce. Et la vie économique des entreprises enfin, où il intervient dans la rédaction de statuts ou de conventions. Chaque année, les notaires français reçoivent 20 millions de personnes et établissent plus de 4 millions d’actes authentiques, pour un chiffre d’affaires global de 7,5 milliards d’euros.

L’officier public est aussi un conseiller. Il explique aux parties la portée juridique de leurs engagements, traduit le vocabulaire technique en langage clair et assiste des collectivités locales ou des entreprises dans la rédaction de contrats complexes. Ce rôle pédagogique est souvent sous-estimé, mais il est central: sans lui, l’acte authentique serait une coquille vide.

Quelles qualités sont indispensables pour exercer ?

Le secret professionnel est une contrainte absolue. Des sommes importantes transitent par les offices, séquestres lors de ventes immobilières, fonds en attente de règlement de successions, ce qui impose une honnêteté et un sens des responsabilités à toute épreuve. L’impartialité est tout aussi fondamentale: le notaire n’est pas l’avocat d’une partie, il représente l’intérêt de toutes.

Parce qu’il est « le juriste le plus souvent en contact avec le public », selon la définition même de l’Onisep, la pédagogie compte autant que la rigueur juridique. Expliquer une clause de préciput à un couple qui se marie, ou détailler les droits de succession à des héritiers en deuil, demande un vrai talent de communication. L’organisation et la diplomatie complètent ce profil, notamment pour le collaborateur de notaire qui prépare les dossiers en amont.

Combien d’études faut-il pour devenir notaire ?

Le parcours minimal s’étale sur 7 ans après le baccalauréat. Il n’existe pas de raccourci: la profession exige une double formation, universitaire puis professionnelle spécialisée.

Les cinq premières années sont consacrées à l’obtention d’un master de droit notarial. Le candidat suit d’abord une licence de droit (bac+3), puis un master 1 en droit, avant de se spécialiser en master 2 droit notarial. L’accès à ce master 2 constitue un véritable goulot d’étranglement: les places sont rares, la sélection sévère. Deux voies coexistent à ce stade, la voie universitaire classique et la voie professionnelle, mais toutes deux mènent au même diplôme de master.

Les deux années suivantes sont consacrées au DESN, le diplôme d’études supérieures de notariat, délivré par l’Institut national des formations notariales (INFN). Cette formation alterne théorie et pratique au sein d’un office, ce qui permet d’acquérir les réflexes professionnels avant même la nomination. C’est seulement à l’issue de ce parcours, et après nomination par le garde des Sceaux, que le diplômé peut exercer en tant qu’officier public ministériel à part entière.

Quelle est la différence entre notaire et collaborateur de notaire ?

Le collaborateur de notaire, aussi appelé clerc de notaire ou clerc rédacteur, est le pivot opérationnel de l’office. Il prépare et rédige les actes, rassemble les pièces administratives, assure le montage et le suivi des dossiers, et reçoit les clients dont il est l’interlocuteur principal au quotidien. Mais il ne peut pas signer les actes authentiques: seul le notaire détient cette prérogative.

Le niveau d’études requis est bien différent: bac+2 minimum, avec le BTS collaborateur juriste notarial comme voie d’entrée directe, éventuellement complété par une licence professionnelle métiers du notariat ou une licence pro activités juridiques spécialisée en droit de l’immobilier (en un an supplémentaire). Le BUT carrières juridiques, en trois ans, constitue une autre voie d’accès reconnue. La rémunération de départ est également différente: à partir de 2 000 € brut par mois pour un collaborateur débutant, contre 3 000 € pour un notaire salarié, toujours selon l’Onisep.

La progression interne existe, un collaborateur confirmé peut encadrer une équipe, se spécialiser en fiscalité immobilière ou devenir formaliste, mais la marche vers le statut de notaire suppose de reprendre le chemin de la formation longue.

Critère Notaire Collaborateur de notaire
Niveau d’études minimum Bac+7 (master + DESN) Bac+2 (BTS collaborateur juriste notarial)
Peut signer les actes Oui Non
Salaire débutant (brut mensuel) À partir de 3 000 € À partir de 2 000 €
Statut possible Libéral ou salarié Salarié uniquement

Quel salaire pour un notaire salarié ou libéral ?

Le seuil de 3 000 € brut par mois donné par l’Onisep représente le plancher d’un notaire salarié en début de carrière. En pratique, la rémunération évolue significativement avec l’ancienneté, la taille de l’office et sa localisation, un office parisien ou celui d’une grande ville n’obéit pas aux mêmes réalités économiques qu’une étude rurale.

La situation du notaire libéral est radicalement différente. Titulaire d’un office, qu’il a racheté ou créé, il perçoit des honoraires réglementés (les émoluments, fixés par décret) et supporte également les charges de l’étude: personnel, loyer, matériel informatique, assurances. Son revenu dépend directement du volume d’activité de l’office et de sa politique de gestion. Sur ce plan, la matière disponible ne permet pas de chiffrer précisément le revenu moyen d’un notaire libéral, qui varie très fortement selon la taille et l’emplacement de l’office.

Un point de vigilance souvent signalé par ceux qui ont suivi ce parcours: le niveau de rémunération des premières années en tant que clerc ou collaborateur peut paraître décalé au regard de sept à huit ans d’études. Les heures supplémentaires peu ou pas rémunérées reviennent fréquemment comme un grief dans les témoignages de jeunes professionnels. L’ambiance et les conditions de travail dépendent beaucoup de l’office, de sa taille et de la culture managériale du notaire titulaire.

Comment s’installer à son compte comme notaire ?

L’installation libérale est encadrée de manière très stricte. Les offices notariaux ne peuvent être créés que par le ministère de la Justice, et les créations restent rares. Le marché fonctionne surtout par rachat: lorsqu’un notaire part à la retraite, son office est mis en vente, et peut atteindre des sommes très élevées selon sa localisation et son volume d’activité.

Un débutant peut théoriquement s’installer dès l’obtention de sa nomination, mais les opportunités concrètes restent limitées. La formule la plus répandue est l’association au sein d’une société civile professionnelle (SCP), qui peut regrouper de 2 à 10 notaires. Cette structure permet de mutualiser les charges, de partager les compétences et de construire une clientèle progressive sans supporter seul le poids d’un office entier. L’exercice en qualité de notaire salarié au sein d’un office existant constitue une troisième voie, souvent choisie comme étape avant une éventuelle association.

Sur l’ensemble du territoire, on dénombre 6 946 offices auxquels s’ajoutent plus de 1 300 bureaux annexes, pour 17 305 notaires. La profession est aujourd’hui équilibrée entre hommes et femmes:57,5 % des notaires sont des femmes, ce qui représente une évolution notable par rapport aux décennies précédentes.

Questions fréquentes

Peut-on devenir notaire après une école de commerce ou une filière non juridique ?

Non. Le master de droit notarial, prérequis obligatoire avant le DESN, exige une formation initiale en droit (licence puis master 1 de droit). Une réorientation depuis une école de commerce est possible, mais elle implique de reprendre un parcours de droit depuis la licence, ce qui allonge encore la durée totale des études.

Le BTS collaborateur juriste notarial donne-t-il accès au statut de notaire ?

Non directement. Ce BTS (bac+2) prépare au poste de collaborateur ou clerc de notaire, pas au statut d’officier public ministériel. Pour devenir notaire, il faudrait reprendre des études universitaires de droit jusqu’au niveau master 2, puis valider le DESN, soit un parcours supplémentaire de cinq ans minimum.

Existe-t-il une voie professionnelle pour devenir notaire sans passer par l’université ?

L’accès au notariat passe obligatoirement par le DESN, lui-même accessible après un master de droit notarial (bac+5). L’Onisep mentionne deux voies pour ce master, universitaire et professionnelle, mais les deux supposent une formation juridique de haut niveau à bac+5. Il n’existe pas de filière courte permettant d’accéder directement au titre de notaire.

Combien y a-t-il de notaires en France et où exercent-ils ?

Les 7 305 notaires exercent sur l’ensemble du territoire, dans 6 946 offices auxquels s’ajoutent plus de 1 300 bureaux annexes. La profession assure une mission de service public de proximité, y compris dans les villes nouvelles et les zones périurbaines où la demande est en hausse.

Sources

Sources consultées le 1 août 2026.

Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.

  1. www.onisep.fr/ressources/univers-metier/metiers/notaire
  2. www.onisep.fr/ressources/univers-metier/metiers/collaborateur-collaboratrice-de-notaire

Ne manquez rien

Ne manquez plus rien

Abonnez-vous à la newsletter de Formation Evolutive et recevez nos meilleurs articles chaque semaine.