Combien gagne un maire ? Les indemnités des élus locaux

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Combien gagne un maire ? Les indemnités des élus locaux

Mis à jour le 2 août 2026 — barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Le salaire d’un maire est une question qui revient régulièrement dans le débat public, souvent accompagnée d’idées reçues. En réalité, les élus locaux ne reçoivent pas un salaire à proprement parler, mais des indemnités de fonction dont le montant est encadré par le Code général des collectivités territoriales.

En bref: Le montant de l’indemnité d’un maire dépend directement de la taille de sa commune. Un maire d’une petite commune rurale de moins de 500 habitants perçoit une indemnité bien inférieure à celle d’un maire de grande ville. La loi fixe des plafonds exprimés en pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique, et le conseil municipal peut voter un montant inférieur à ce maximum.

Une indemnité, pas un salaire: quelle différence concrète ?

Le maire n’est pas un salarié de la commune. Il exerce un mandat électif, et la rémunération qui y est attachée s’appelle une indemnité de fonction, non un traitement ni un salaire. Cette distinction n’est pas qu’une subtilité de vocabulaire: elle a des conséquences juridiques et fiscales réelles.

Ces indemnités sont soumises à l’impôt sur le revenu et à des cotisations sociales spécifiques. Elles sont fixées par délibération du conseil municipal dans la limite des plafonds légaux. Autrement dit, un conseil municipal peut décider de verser moins que le maximum légal, mais jamais plus. Et le maire peut aussi, librement, renoncer à tout ou partie de son indemnité.

Autre point souvent mal compris: les indemnités de fonction sont distinctes des remboursements de frais (déplacements, représentation) et des autorisations d’absence ou crédits d’heures accordés aux élus qui continuent à exercer une activité professionnelle.

Combien gagne un maire selon la taille de la commune ?

Le barème légal est progressif: plus la commune est peuplée, plus l’indemnité maximale est élevée. Les plafonds sont exprimés en pourcentage de l’indice brut terminal de la grille de la fonction publique (indice 1027 de la grille indiciaire). À titre indicatif, cet indice sert de base de calcul à l’ensemble des indemnités des élus locaux.

Pour les communes de moins de 500 habitants, l’indemnité maximale du maire tourne autour de 28;1 % de cet indice de référence. Elle monte progressivement jusqu’à 145 % pour les maires des communes de plus de 100 000 habitants. Paris, Lyon et Marseille, en raison de leurs statuts particuliers, obéissent à des règles propres.

En termes concrets et approximatifs, cela donne des fourchettes très larges selon la strate démographique. Un maire d’une commune de moins de 500 habitants perçoit une indemnité mensuelle brute de l’ordre de 1 000 à 1 100 euros. Un maire d’une commune entre 10 000 et 20 000 habitants se situe autour de 2 500 à 2 800 euros brut. Un maire d’une ville de plus de 100 000 habitants peut atteindre environ 5 500 à 5 800 euros brut par mois, selon les délibérations de son conseil municipal. Ces ordres de grandeur sont indicatifs et dépendent du taux exact voté localement.

Et les adjoints au maire, que perçoivent-ils ?

Les adjoints au maire bénéficient également d’indemnités de fonction, dont le montant maximal est inférieur à celui du maire et proportionnel à la taille de la commune. La loi fixe un plafond global pour l’ensemble des indemnités versées aux membres du conseil municipal: ce plafond ne peut pas être dépassé, même si chaque adjoint reste individuellement en dessous de son propre maximum légal.

Pour les communes de moins de 100 000 habitants, les conseillers municipaux n’ont en principe pas droit à une indemnité automatique. En revanche, l’article L2123-24-2 du Code général des collectivités territoriales, tel qu’il ressort des dispositions en vigueur consultables sur Légifrance, prévoit que les conseillers municipaux des communes d’au moins 100 000 habitants peuvent percevoir une indemnité spécifique, dans la limite de plafonds définis.

Dans les communes de moins de 3 500 habitants, le nombre d’adjoints susceptibles de bénéficier d’une indemnité est aussi encadré. Le conseil municipal ne peut pas créer indéfiniment des postes d’adjoint pour contourner les plafonds globaux.

Le cumul d’indemnités est-il possible ?

Un élu qui cumule plusieurs mandats, maire et conseiller régional, ou maire et conseiller départemental, ne peut pas additionner librement toutes les indemnités correspondantes. La loi impose un écrêtement: le montant total des indemnités perçues au titre de l’ensemble des mandats ne peut pas dépasser  1,5 fois l’indemnité parlementaire de base, soit 8 897,93 € par mois . Concrètement, au-delà de ce plafond, l’excédent est versé au budget de la collectivité ou à un fonds dédié, et non conservé par l’élu.

Ce mécanisme vise à limiter l’accumulation de revenus liés à l’exercice de mandats multiples, même si les situations de multi-mandats restent encadrées par ailleurs par la loi sur la limitation du cumul des mandats.

Cotisations, fiscalité et protection sociale des maires

Les indemnités de fonction sont imposables à l’impôt sur le revenu. Un abattement fiscal spécifique existait historiquement pour les élus, mais les règles ont été modifiées ces dernières années pour rapprocher le traitement fiscal des indemnités de celui des revenus ordinaires. Les indemnités sont également soumises à la CSG et à la CRDS.

En matière de protection sociale, le statut de l’élu a évolué. Un maire qui n’exerce pas d’activité professionnelle parallèle bénéficie d’une affiliation à un régime de sécurité sociale au titre de son mandat, ce qui lui ouvre des droits à l’assurance maladie et, dans certains cas, à la retraite. Les élus locaux cotisent à la retraite par rente (via la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales ou des dispositifs propres aux élus), et bénéficient d’une formation à leur prise de mandat, financée par la commune.

À la fin du mandat, un dispositif d’allocation différentielle de fin de mandat peut être versé à l’élu qui ne retrouve pas d’activité professionnelle, sous conditions de ressources et d’engagement horaire antérieur dans le mandat.

Les indemnités des présidents et vice-présidents d’intercommunalité

Le paysage des élus locaux ne se limite pas aux maires. Les présidents de communautés de communes, d’agglomération ou de métropoles perçoivent également des indemnités, dont le plafond est calculé selon la strate démographique de l’intercommunalité. Ces montants peuvent être substantiels pour les présidents de grandes métropoles, et s’ajoutent, dans la limite de l’écrêtement, à l’indemnité de maire si la même personne cumule les deux fonctions.

Les vice-présidents d’intercommunalité bénéficient également d’indemnités, généralement proportionnelles à celles du président. Là encore, le conseil communautaire délibère sur les montants effectivement versés, dans le respect des plafonds légaux.

Questions fréquentes

Un maire peut-il refuser son indemnité ?

Oui, tout à fait. Un maire peut décider de ne percevoir aucune indemnité ou de n’en percevoir qu’une partie. C’est un choix personnel, souvent motivé par des raisons politiques ou éthiques, notamment dans les petites communes où certains élus estiment que leur engagement relève du bénévolat.

Les indemnités des maires sont-elles publiques ?

Les délibérations du conseil municipal fixant les indemnités sont des actes publics, consultables en mairie ou sur les sites des collectivités. Le montant voté est donc accessible à tout citoyen qui en fait la demande, en application des règles générales de transparence des finances locales.

Non. Le Code général des collectivités territoriales fixe des plafonds absolus que le conseil municipal ne peut pas dépasser, quelles que soient les délibérations votées. Toute délibération excédant ces plafonds serait illégale et susceptible d’être annulée par le préfet dans le cadre du contrôle de légalité.

Qu’est-ce que l’allocation de fin de mandat pour les maires ?

C’est une aide temporaire versée à l’élu qui cesse son mandat et ne retrouve pas immédiatement une activité professionnelle. Elle est versée sous conditions: l’élu doit avoir consacré une part significative de son temps au mandat (au détriment de son activité professionnelle), et son niveau de ressources ne doit pas dépasser un plafond. Sa durée est limitée dans le temps.

Les conseillers municipaux de base perçoivent-ils une indemnité ?

En règle générale, non. Seuls les conseillers municipaux des communes d’au moins 100 000 habitants peuvent bénéficier d’une indemnité de fonction, dans des conditions et des limites prévues par la loi. Dans les communes plus petites, les conseillers municipaux exercent leur mandat à titre bénévole, sans indemnité.

Sources

Sources consultées le 2 août 2026.

Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.

  1. www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070633/LEGISCTA000006192264/2026-03-31

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