Interne en médecine : salaire, statut et déroulé de l’internat
Mis à jour le 1 septembre 2026, barème et règles en vigueur à cette date
Sommaire
Devenir médecin, cela ne s’arrête pas au concours de première année. Une fois l’externat terminé, place à l’internat : plusieurs années passées à l’hôpital, entre responsabilités croissantes et formation continue. Statut particulier, rémunération qui évolue vite, spécialités très inégalement accessibles : voici ce qu’il faut savoir avant de s’engager dans ce troisième cycle.
En bref : l’interne en médecine est un étudiant de troisième cycle qui exerce déjà, sous la responsabilité de praticiens seniors, dans un service hospitalier lié à sa spécialité. L’internat dure de 4 à 6 ans selon la discipline choisie et se déroule en trois phases (socle, approfondissement, consolidation), tandis que le traitement brut mensuel progresse d’environ 1 617 € en première année à plus de 2 370 € en fin de cursus, selon la grille indiciaire de la fonction publique hospitalière.
Qu’est-ce qu’un interne en médecine exactement ?
L’interne est un étudiant en troisième cycle des études médicales, celui qui suit l’externat une fois le concours national franchi. Contrairement à l’externe, qui reste avant tout un étudiant hospitalier partagé entre cours et stage à mi-temps, l’interne travaille à temps plein à l’hôpital, par stages semestriels dans des services correspondant à sa future spécialité.
Il est considéré comme membre de l’équipe médicale : il examine des patients, prescrit, participe aux décisions thérapeutiques. Mais son autonomie reste encadrée. Chaque acte s’effectue sous la responsabilité d’un praticien senior qui le forme, même si cette supervision s’allège avec l’expérience acquise au fil des semestres. Cette double casquette, à la fois soignant et étudiant, explique pourquoi l’internat combine gardes hospitalières et enseignements théoriques maintenus en parallèle des stages.
Combien gagne un interne en médecine ?
La rémunération d’un interne suit une grille indiciaire propre à la fonction publique hospitalière, qui augmente à chaque année d’internat. En première année, le traitement brut atteint environ 1 617 € par mois, puis grimpe progressivement jusqu’à dépasser 2 370 € bruts mensuels à partir de la cinquième année.
| Année d’internat | Rémunération brute annuelle | Rémunération brute mensuelle |
|---|---|---|
| 1re année | 19 406,35 € | 1 617,20 € |
| 2e année | 21 483,24 € | 1 790,27 € |
| 3e année | 28 408,30 € | 2 367,36 € |
| 4e année | 28 430,36 € | 2 369,20 € |
| 5e année | 28 448,22 € | 2 370,68 € |
Le saut le plus net se produit entre la deuxième et la troisième année, moment où l’interne quitte généralement la phase socle pour entrer en phase d’approfondissement. Ces montants correspondent au traitement de base, hors indemnités de garde et d’astreinte, qui viennent s’ajouter selon le nombre de services effectués dans le mois. Le montant net perçu sur le compte est, comme pour tout salarié, inférieur au brut affiché sur la grille, une fois les cotisations sociales retirées.
Comment se déroule l’internat en trois phases ?
Le troisième cycle, ou internat, dure de 4 à 6 ans selon la spécialité retenue, et se structure en trois temps bien distincts. La phase socle, d’une durée de 1 à 2 ans, permet d’acquérir les compétences de base propres à la discipline choisie. Vient ensuite la phase d’approfondissement, sur 2 à 3 ans, pendant laquelle l’interne consolide sa formation et commence à préparer sa thèse.
La dernière étape, la phase de consolidation, dure 1 à 2 ans et confère le statut de docteur junior. Ce statut place l’interne en autonomie supervisée : il agit avec une marge de manœuvre plus large qu’auparavant, mais reste sous le regard d’un senior référent, et n’est pas encore titulaire du diplôme d’État. Tout au long de ces trois phases, les stages hospitaliers à temps plein alternent avec des enseignements théoriques maintenus, propres à chaque spécialité.
Comment accède-t-on à l’internat après l’externat ?
L’entrée en troisième cycle repose sur un concours national qui se joue en fin de deuxième cycle. Il combine trois éléments : une évaluation des connaissances sous forme d’épreuves écrites, une évaluation des compétences via les examens cliniques objectifs structurés (les ECOS), et la prise en compte du parcours de l’étudiant ainsi que de ses projets personnels.
Le classement obtenu à l’issue de ce concours conditionne directement le choix de la spécialité et du lieu d’affectation pour l’internat. Plus le rang est favorable, plus l’éventail de spécialités et de villes reste ouvert; à l’inverse, un classement plus modeste restreint mécaniquement les options disponibles au moment du choix.
Quelles spécialités et combien de places chaque année ?
Le troisième cycle de médecine ouvre sur 44 spécialités au total : 13 spécialités chirurgicales (comme la chirurgie vasculaire ou la gynécologie-obstétrique), 30 spécialités médicales (psychiatrie, pneumologie, radiologie et imagerie médicale, entre autres) et la biologie médicale.
Le nombre de places ouvertes varie fortement d’une spécialité à l’autre. Pour la session 2025-2026, la médecine générale proposait 3 314 places, l’anesthésie-réanimation 479, tandis que la chirurgie pédiatrique n’en comptait que 36. Cet écart illustre à quel point le classement au concours pèse différemment selon la discipline visée : viser une spécialité à faible effectif suppose un rang nettement plus favorable que pour une filière largement ouverte comme la médecine générale.
Que devient l’interne à la fin de son parcours ?
La sortie de l’internat suppose d’avoir validé trois éléments cumulés : les stages hospitaliers effectués tout au long du cursus, les enseignements théoriques propres à la spécialité, et une thèse de médecine. Cette dernière commence à se préparer dès la phase d’approfondissement, bien avant la fin du parcours.
Une fois ces trois conditions remplies, l’ancien interne obtient le diplôme d’État de docteur en médecine, assorti du diplôme d’études spécialisées (DES) correspondant à sa discipline. C’est ce double diplôme, et non le seul statut de docteur junior acquis en phase de consolidation, qui ouvre la voie à un exercice pleinement autonome, en libéral comme à l’hôpital.
Questions fréquentes
Les gardes de l’interne sont-elles payées en plus de son traitement mensuel ?
Oui, les indemnités de garde et d’astreinte s’ajoutent au traitement de base indiqué sur la grille indiciaire. Leur montant dépend du nombre de services effectués dans le mois, ce qui explique que deux internes du même échelon puissent percevoir des sommes différentes sur leur bulletin de paie.
La préparation de la thèse commence-t-elle dès la première année d’internat ?
Non, elle démarre plus tard dans le parcours, pendant la phase d’approfondissement, une fois la phase socle achevée. L’interne dispose donc de plusieurs semestres pour construire son projet de thèse avant de la soutenir.
Un interne devenu docteur junior est-il déjà médecin diplômé ?
Non, le statut de docteur junior correspond à la phase de consolidation, la dernière étape avant la fin de l’internat. Il donne une autonomie supervisée plus large, mais le diplôme d’État de docteur en médecine et le DES de la spécialité ne sont délivrés qu’après validation complète des stages, des enseignements et de la thèse.
Sources
Sources consultées le 1 septembre 2026.
Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.
- www.onisep.fr/formation/les-principaux-domaines-de-formation/les-etudes-de-sante/les-etudes-de-medecine
- www.onisep.fr/ressources/univers-metier/metiers/medecin-specialiste
