Les formations rémunérées : lesquelles et comment y accéder

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Les formations rémunérées : lesquelles et comment y accéder

Mis à jour le 1 août 2026 — barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Se former tout en continuant à percevoir un revenu, c’est possible dans bien plus de situations qu’on ne le pense. Certaines formations ouvrent droit à une rémunération maintenue, d’autres déclenchent une indemnisation spécifique, mais les modalités d’accès varient fortement selon le statut, le dispositif et le projet professionnel.

En bref: les formations rémunérées s’adressent aussi bien aux demandeurs d’emploi (via l’allocation de retour à l’emploi ou l’allocation de formation), aux salariés en congé de formation, qu’aux étudiants en alternance ou aux lauréats de certains concours de la fonction publique. La clé réside dans le bon dispositif, choisi en fonction du statut au moment de la formation.

Qu’est-ce qu’une formation rémunérée, exactement ?

Une formation rémunérée est une action de formation durant laquelle le stagiaire perçoit une rémunération ou une indemnisation, soit parce qu’il conserve son salaire ou son allocation habituelle, soit parce qu’un mécanisme spécifique prend le relais. Ce n’est pas la formation elle-même qui est payante ou gratuite: c’est le maintien de revenus pendant qu’on se forme qui distingue ces dispositifs des formations suivies sans filet.

La confusion vient souvent du fait qu’on regroupe sous cette étiquette des situations très différentes: un salarié en plan de développement des compétences qui garde son salaire intégral, un demandeur d’emploi qui touche l’allocation de retour à l’emploi pendant un stage, un apprenti rémunéré selon une grille légale, ou encore un futur enseignant en master rémunéré. Dans chaque cas, la source de la rémunération et les conditions d’accès n’ont rien à voir.

Quelles formations permettent de rester rémunéré quand on est salarié ?

Pour un salarié, la formation rémunérée la plus directe passe par le plan de développement des compétences de l’employeur. Quand c’est l’entreprise qui inscrit le salarié à une formation dans ce cadre, elle maintient intégralement le salaire et prend en charge les frais pédagogiques. Le salarié ne débourse rien, ne subit aucune baisse de revenus, et la démarche relève entièrement de l’initiative de l’employeur.

Le compte personnel de formation (CPF) fonctionne différemment: les droits accumulés couvrent les coûts de formation, mais ils ne déclenchent aucune rémunération automatique. Un salarié qui mobilise son CPF pendant ses congés n’est pas rémunéré pour ces heures de formation. En revanche, s’il suit une formation CPF sur son temps de travail avec l’accord de l’employeur, son salaire reste naturellement maintenu.

Depuis le 6 avril 2026, le reste à charge pour le salarié qui mobilise son CPF s’élève à 150 €, en application du décret n° 2026-234 du 30 mars 2026. Cette somme est réglée au moment de l’inscription; le salarié peut ensuite demander à son employeur de la rembourser, mais l’employeur n’y est pas tenu légalement. Par ailleurs, la loi de finances pour 2026 a instauré des plafonds de prise en charge par le CPF selon les types de formation: 1 500 € pour les certifications du répertoire spécifique (TOEIC, habilitations…), 1 600 € pour les bilans de compétences, et 900 € pour la préparation aux épreuves du permis B et assimilés. Au-delà de ces plafonds, la différence reste à la charge du bénéficiaire ou d’un financeur tiers, employeur, OPCO, région.

Comment les demandeurs d’emploi peuvent-ils se former sans perdre leurs revenus ?

Un demandeur d’emploi indemnisé par France Travail qui entre en formation continue en principe de percevoir l’allocation de retour à l’emploi (ARE) pendant toute la durée du stage, sous réserve que la formation soit validée par France Travail. L’ARE n’est pas suspendue: elle est maintenue telle quelle, ce qui permet de suivre une formation sans subir de rupture de revenus. L’allocation journalière minimale (plancher) de l’ARE est fixée à 32,13 € depuis le 1er juillet 2025.

Quand un demandeur d’emploi suit une formation prescrite par France Travail mais qu’il n’a plus de droits ARE ouverts, il peut bénéficier de la rémunération des formations de France Travail (RFPE). Ce dispositif verse une indemnisation pendant la durée de la formation; le montant dépend du profil et de la situation, et se calcule via les services de France Travail (anciennement Pôle emploi, renommé au 1er janvier 2024). L’allocation de solidarité spécifique (ASS), elle, est fixée à 19,48 € par jour.

Pour accéder à ces financements, la procédure concrète se déroule en trois étapes: contacter son conseiller France Travail pour construire un projet de formation, obtenir une prescription (document officiel validant la formation et son financement), puis s’inscrire auprès de l’organisme de formation retenu. Sans prescription, aucun financement de ce type n’est accordé, c’est le point que beaucoup ratent en essayant de s’inscrire directement.

L’alternance: un contrat de travail qui finance la formation

L’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont les seuls dispositifs où la rémunération pendant la formation est entièrement portée par l’entreprise, au titre d’un vrai contrat de travail. L’apprenti est salarié: il cotise, accumule des droits à la retraite, et perçoit chaque mois un salaire calculé en pourcentage du SMIC selon son âge et son niveau de diplôme visé.

Les grilles de rémunération varient entre environ 27 % et 100 % du SMIC brut selon l’âge de l’apprenti et l’année du contrat. Un apprenti de 20 ans en deuxième année de BTS perçoit ainsi une rémunération différente d’un apprenti de 26 ans en première année de master. La convention collective du secteur peut prévoir des minima supérieurs au plancher légal. Le coût de la formation elle-même est pris en charge par les OPCO (opérateurs de compétences) dans la limite de référentiels de financement fixés par les branches professionnelles.

Le contrat de professionnalisation, destiné en priorité aux demandeurs d’emploi et aux jeunes de 16 à 25 ans, fonctionne sur un principe proche mais avec des règles de rémunération et des publics cibles légèrement différents. Les deux formules permettent d’obtenir un diplôme ou une certification reconnue sans payer la formation, tout en étant rémunéré chaque mois.

Devenir enseignant: un master rémunéré sous conditions

Le parcours pour enseigner dans le secteur public prévoit une rémunération dès la réussite aux concours de recrutement, qui se passent à partir de la licence. Les lauréats intègrent ensuite un master de deuxième année (M2E, master mention enseignement) durant lequel ils sont rémunérés en tant que fonctionnaires stagiaires, selon la grille indiciaire correspondant au corps de rattachement.

C’est un cas particulier de formation initiale rémunérée: l’État finance directement la formation professionnelle des futurs enseignants, qui perçoivent un traitement tout en suivant leur cursus à l’INSPE (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation). Cette rémunération est conditionnée à la réussite au concours, sans concours, pas de statut de stagiaire, pas de salaire. Les informations détaillées sur ce parcours sont publiées par l’Onisep.

Le projet de transition professionnelle pour changer de métier en restant rémunéré

Le projet de transition professionnelle (PTP) permet à un salarié de financer une formation certifiante longue pour changer de métier, tout en maintenant sa rémunération pendant la durée du congé de formation. C’est l’un des rares dispositifs qui combine prise en charge des frais pédagogiques et maintien du salaire pour une formation suivie hors temps de travail ou nécessitant une absence prolongée.

La demande de prise en charge est instruite par les associations Transitions Pro (AT Pro), organismes régionaux dédiés. Pour y prétendre, le salarié doit justifier d’une ancienneté minimale en tant que salarié (24 mois dont 12 dans l’entreprise actuelle, consécutifs ou non). La formation visée doit permettre d’obtenir une certification enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Le maintien de rémunération est total pour les salaires jusqu’à deux fois le SMIC, et partiel au-delà, la différence est alors couverte à 90 % pour les salaires entre deux et trois fois le SMIC, par exemple. Les délais de dépôt de dossier, 60 jours avant le début de la formation pour un congé inférieur à 6 mois, 120 jours avant pour une formation plus longue, sont stricts: les dépasser entraîne un rejet automatique.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler CPF et projet de transition professionnelle ?

Oui. Le projet de transition professionnelle peut mobiliser en partie les droits CPF du salarié pour compléter le financement de la formation. Ce cumul est même encouragé par les Transitions Pro, qui peuvent conditionner leur accord à l’utilisation préalable d’une partie des droits CPF disponibles.

Un demandeur d’emploi peut-il suivre une formation CPF tout en percevant l’ARE ?

Oui, sous conditions. Le demandeur d’emploi conserve ses droits ARE pendant la durée d’une formation CPF, à condition que la formation soit validée ou prescrite par France Travail. Sans cette validation, le maintien des allocations n’est pas garanti.

Le plafond CPF de 1 600 € pour le bilan de compétences s’applique-t-il à tous ?

Il s’applique aux salariés du secteur privé. De plus, depuis le décret du 24 février 2026, le CPF ne peut financer un bilan de compétences que si aucun bilan n’a été pris en charge par ce même dispositif au cours des 5 dernières années. La part qui dépasse 1 600 € reste à la charge du bénéficiaire ou peut être couverte par l’employeur ou un OPCO.

La VAE est-elle rémunérée ?

La VAE (validation des acquis de l’expérience) ne déclenche pas en elle-même de rémunération. En revanche, un salarié peut demander un congé pour VAE et mobiliser son CPF pour financer les frais d’accompagnement. Un demandeur d’emploi bénéficiaire de l’ARE peut conserver ses allocations pendant les actions liées à la VAE prescrites par France Travail. Depuis la loi du 21 décembre 2022, aucune durée minimale d’expérience n’est requise pour déposer un dossier VAE.

Sources

Sources consultées le 1 août 2026.

Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.

  1. www.onisep.fr/metier/decouvrir-le-monde-professionnel/enseignement/les-formations-pour-exercer-dans-l-enseignement

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